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Fiche 03 · Follicule pileux
GHK-Cu et cheveux : des follicules en culture, pas encore des preuves cliniques
Le peptide de cuivre figure dans de nombreuses lotions antichute. Les travaux publiés portent surtout sur des follicules isolés et sur un analogue, l'AHK-Cu.
Mis à jour le · 3 min de lecture
01Pourquoi le cuivre et le follicule ?
Le follicule pileux est un mini-organe qui alterne phases de croissance (anagène), de régression (catagène) et de repos (télogène). Sa base, la papille dermique, est formée de fibroblastes spécialisés qui pilotent la croissance du cheveu. Comme le GHK-Cu agit sur les fibroblastes du derme et sur la production de facteurs de croissance comme le VEGF, l'idée de le tester sur la papille dermique est venue naturellement.
Le VEGF favorise la vascularisation autour du follicule, un paramètre étudié dans l'alopécie androgénétique.
Le cuivre lui-même intervient dans la pigmentation (la tyrosinase, enzyme de la mélanine, est une enzyme à cuivre) et dans la formation des ponts qui solidifient la kératine. Ces rôles physiologiques ont été largement utilisés dans la communication des marques, sans qu'on puisse en déduire qu'un apport topique de cuivre fait pousser les cheveux.
02L'étude de référence : follicules humains ex vivo
L'étude la plus citée a été menée au département de dermatologie de l'université nationale de Séoul (Pyo et al., 2007). Les chercheurs ont mis en culture des follicules humains prélevés lors d'interventions et des cellules de papille dermique. Point souvent omis : le peptide testé n'était pas le GHK-Cu mais son analogue AHK-Cu, où la glycine est remplacée par une alanine.
- 10⁻¹² à 10⁻⁹ Mplage de concentrations testées
- Allongementdes follicules ex vivo par rapport aux témoins
- Proliférationaccrue des cellules de la papille dermique
- Apoptosetendance à la baisse, non significative
Les auteurs ont aussi observé une hausse du rapport Bcl-2/Bax et une diminution des formes clivées de la caspase-3 et de PARP, des marqueurs de mort cellulaire programmée. Ils concluent que l'AHK-Cu favorise la croissance des follicules en stimulant la prolifération des cellules de la papille et en freinant leur apoptose. Le résultat est intéressant, mais il s'agit d'un modèle in vitro, d'un analogue et d'une seule équipe.
03Et le GHK-Cu proprement dit ?
Pour le GHK-Cu, les données capillaires sont surtout rapportées dans les revues de l'équipe Pickart, qui mentionnent une augmentation de la taille des follicules dans des modèles animaux de cicatrisation et des observations sur la repousse autour des plaies. Ces observations datent pour beaucoup des années 1990 et proviennent de travaux liés au développement commercial du peptide. Aucun essai randomisé indépendant publié dans une revue indexée n'a montré, à ce jour, que le GHK-Cu seul améliore la densité capillaire dans l'alopécie androgénétique ou l'alopécie de la femme.
À ne pas confondre
Les lotions capillaires « au peptide de cuivre » associent presque toujours plusieurs actifs (caféine, extraits végétaux, autres peptides). Un résultat obtenu avec une formule complète ne peut pas être attribué au seul GHK-Cu.
04Ce que l'on peut raisonnablement dire
| Question | Réponse fondée sur les publications |
|---|---|
| Le peptide agit-il sur les cellules du follicule ? | Oui en culture, surtout démontré avec l'AHK-Cu |
| Allonge-t-il des follicules isolés ? | Oui ex vivo (AHK-Cu, Pyo 2007) |
| Fait-il repousser les cheveux chez l'humain ? | Non démontré par un essai indépendant |
| Remplace-t-il le minoxidil ou le finastéride ? | Non, ces médicaments ont des essais cliniques que le GHK-Cu n'a pas |
| Pénètre-t-il jusqu'au bulbe ? | Inconnu ; la pénétration n'a été mesurée que sur la peau, pas sur le cuir chevelu |
05Pistes de recherche
Plusieurs questions restent ouvertes et se prêtent à des expériences de laboratoire : comparaison directe GHK-Cu et AHK-Cu dans le même modèle de follicule, effet sur la durée de la phase anagène, interaction avec les androgènes dans les cellules de papille, ou encore intérêt d'une vectorisation (liposomes, microaiguilles) pour atteindre le bulbe. Pour une expérience sur follicules ou papille dermique, les concentrations nanomolaires utilisées par Pyo et al. se préparent par dilutions successives d'une solution mère ; la fiche doses étudiées donne le calcul.
L'analogue AHK-Cu est aussi proposé en flacons de recherche ; voir la fiche de l'analogue AHK-Cu en 50 et 100 mg.
06En pratique
Si vous lisez une étiquette de lotion, le GHK-Cu y est un ingrédient parmi d'autres, rarement dosé sur l'emballage. Si vous travaillez au laboratoire, le choix entre GHK-Cu et AHK-Cu doit dépendre de la littérature que vous voulez reproduire : les données sur le follicule concernent surtout l'AHK-Cu, celles sur le collagène et la cicatrisation surtout le GHK-Cu. Le comparatif des peptides résume ces différences.
Sources citées
- Pyo HK et al. (2007). The effect of tripeptide-copper complex on human hair growth in vitro Arch Pharm Res. PubMed 17703734
- Pickart L et al. (2015). GHK Peptide as a Natural Modulator of Multiple Cellular Pathways in Skin Regeneration Biomed Res Int. PubMed 26236730
- Pickart L (2008). The human tri-peptide GHK and tissue remodeling J Biomater Sci Polym Ed. PubMed 18644225
- Pollard JD et al. (2005). Effects of copper tripeptide on the growth and expression of growth factors by normal and irradiated fibroblasts Arch Facial Plast Surg. PubMed 15655171